Comment déterminer l’intervalle optimal de répétitions
Comment déterminer votre intervalle de répétitions optimal ? Si l’intervalle 8-12 semble convenir à la majorité, il est possible d’affiner celui-ci. Pour cela, on procède de la façon suivante :
- Déterminer votre 1RM sur un exercice donné. HIT ne favorise pas la recherche du 1RM car cette pratique est considérée comme dangereuse. Il faudra donc le faire sur un exercice qui ne présente pas de danger majeur pour cela.
- Se reposer 5 minutes, prendre 80% du poids trouvé et réaliser autant de répétitions possibles du même exercice en conservant une forme correcte.
- Rajouter 15% au nombre trouvé pour avoir la limite supérieure de l’intervalle, et retrancher 15% pour avoir la limite inférieure.
Exemple: si vous faites 8 répétitions à 80% de votre 1RM, alors travaillez dans un intervalle de 7 à 9 reps.
Avec quels mouvements tester ceci ? Un bon consensus consiste à prendre les biceps curl comme mouvement représentatif des mouvements du haut du corps et l’extension de la jambe comme représentatif du bas du corps. Concernant l’extension de la jambe, ce mouvement peut encore être trop dangereux (je considère ce mouvement comme étant potentiellement porteur de bien des problèmes, si la machine sur laquelle on le fait est mal conçue).
Il existe une autre approche, moins génératrice de problèmes : chercher le 3RM du squat et du DC, et calculer le nombre de reps de référence avec 90% du poids trouvé. Le reste du calcul se fait de la même manière. Cette approximation vous évite la recherche du 1RM, et permet d'utiliser des mouvements plus représentatifs du haut et du bas du corps.
Enfin, beaucoup d’athlètes choisissent de toute façon des intervalles de 15 à 20 reps pour le Squat et le Soulevé de Terre, et ont eu d’excellents résultats comme ceci. Ce choix dépend donc au final de chaque individu. Seul quelques essais successifs vous montreront la bonne voie.
Tempo des répétitions
Quel est le temps moyen d’une répétition ? En général, la méthode HIT préconise de commencer avec une répétition de 6 secondes environ, 2 pour la phase concentrique, 4 pour la phase excentrique. L’emphase est donnée sur la partie excentrique, ou négative ou descente du poids, la recherche ayant montré que cette partie est la partie la plus productive (NB : ceci est l’interprétation de HIT. La réalité est plus subtile : la partie négative est plus destructrice, et donc occasionne plus de déchirures musculaires et plus de courbatures, mais la liaison directe avec l’accroissement de force et de volume est incertaine).
Ainsi, chaque série de 8 à 12 reps menée à l’échec devrait durer de 50 à 70 secondes, voire plus car les dernières reps sont toujours plus lentes.
La méthode HIT « diabolise » les tempos de répétitions très rapides, ou les mouvements dits « explosifs ». Ces mouvements sont considérés comme dangereux et potentiellement porteurs de blessures. Il est clair que l’approche HIT, en particulier la réalisation d’une série à l’échec musculaire est incompatible avec la notion de réalisation rapide des mouvements. D’ailleurs, les personnes indiquant d’intégrer des mouvements « explosifs » dans un entraînement précisent toujours que cela doit se faire dans le respect de la bonne réalisation du mouvement, ainsi qu’avec des charges sous maximales ne pouvant en aucun cas mener à l’échec musculaire. Il y a donc une certaine cohérence jusqu’ici.
Dans le même ordre d’idée, les mouvements dérivés des mouvements olympiques (Power Clean, Power Snatch) n’ont rien à faire dans un entraînement de type HIT et ne peuvent qu’amener à terme à la blessure dans ce contexte. En effet, ces mouvements sont par natures « explosifs », et ne peuvent pas rentrer dans une logique d’échec musculaire.
Réalisation des mouvements et des entraînements
La méthode HIT préconise de réaliser les entraînements de la façon la plus sûre possible. La recommandation concernant la vitesse d’exécution des répétitions est un exemple. En plus de cela, HIT rajoute quelques consignes générales :
- Utilisation de l’amplitude complète de mouvement. Les répétitions avec des mouvements partiels ne sont pas recommandées, car elles sont réputées créer des faiblesses dans la partie de mouvement non entraînée. D’autre part, les répétitions partielles permettent de prendre des charges plus lourdes qui mettent les tendons à rude épreuve.
- Réaliser d’abord les mouvements utilisant les plus grandes masses musculaires. Ainsi, les hanches et fessiers, jambes et torse doivent être entraînés en premier. En particulier, il est recommandé de ne pas entraîner les bras en premier, car ceux-ci sont ensuite un point de faiblesse pour l’entraînement du torse. Cela signifie aussi qu’il faut placer les mouvements d’isolation en fin d’entraînement.
- Aller rapidement d’exercice en exercice. Vous devez être capables de recouvrer votre souffle et de faire l’exercice suivant en le moins de temps possible. L’intervalle de temps suggéré va de 1 à 3 minutes, pas plus. C’est le seul moyen pour conserver un environnement métabolique positif, et aussi de conserver la durée totale de l’entraînement en un temps le plus court possible.
Design des entraînements
Les entraînements HIT doivent le plus possible s’intégrer dans les règles de design suivantes :
- S’entraîner en full body. La philosophie HIT est de s’entraîner de façon la plus intense possible en un minimum de temps (est-il possible de courir 5000 mètres au rythme de 100 ?). En général les splits ne sont qu’un moyen de faire plus d’exercices par groupe musculaire, hors HIT met l’emphase sur l’intensité, pas le volume. Un trop gros volume d’entraînement en HIT conduit inexorablement au surentraînement. En conséquence, les meilleurs programmes HIT sont des full body.
- Des entraînements courts. Un programme HIT ne devrait pas dépasser une heure. Plus probablement la durée typique sera de 30 à 45 minutes.
- Mettre suffisamment de repos entre 2 entraînements. Les programmes HIT sont intenses et demandent des périodes de repos plus longues. En principe la période minimale entre 2 entraînements HIT est de 2 jours, mais plus typiquement de 3 ou 4 jours. Cette durée peut être encore plus longue dans le cas d’athlètes avancés (jusqu’à 7 jours).
- Garder un programme d’entraînement 6 à 8 semaines, et prendre une semaine de repos avant de reprendre un nouveau programme d’entraînement. Autant que possible, ce programme sera différent du précédant (autres mouvements, ordre différent des exercices, principalement).
- Faire un break complet de 10 à 14 jours tous les six mois. Ceci permet au corps de récupérer complètement.
Fréquence et charge des entraînements
Au fur et à mesure que l’athlète progresse avec la méthode HIT, ses entraînements doivent être de plus en plus espacés et la charge de ceux-ci réduite. Suite à l’intensité extrême de HIT, les entraînements HIT sont de plus en plus allégés et espacés au fur et à mesure de la progression de l'athlète :
- Un débutant ou un intermédiaire pourront réaliser à profit 16 à 20 séries par entraînement
- Un confirmé réduira à 12 à 15 séries
- Un avancé réduira encore à 8 à 12 séries
- Le débutant et l’intermédiaire s'entraîneront jusqu'à 3 fois par semaine (en full body)
- Le confirmé s'entraînera 2 fois par semaine (en full body)
- L'avancé s'entraînera 1 fois tous les 5 à 7 jours (en full body)
Vous avez bien lu : un athlète avancé fera une séance full body tous les 5 à 7 jours, cette séance ne comportant que 8 à 12 séries. Certains programmes Hardgainer ne font pas plus d’ailleurs.
La sécurité
S’entraîner systématiquement à l’échec musculaire est non seulement éprouvant, mais potentiellement dangereux suivant les mouvements choisis. En particulier, tous les mouvements où l’athlète est sous la barre finissent logiquement par l’écrasement potentiel de l’athlète par cette dernière (Squat et Développés en particuliers). Une solution est de se limiter aux mouvements de tirage (tractions, Soulevé de terre, par exemple), une autre est d’assurer sa sécurité autrement. 2 moyens existent :
- Le partenaire d’entraînement. Avec l’expérience, un bon partenaire d’entraînement peut immensément vous aider. D’abord pour vous dégager de la dernière répétition impossible, ensuite pour vous encourager à aller toujours plus loin.
- Un rack de sécurité. Celui-ci vous permet en cas d’échec de retenir la barre à son point le plus bas sans vous écraser, donc sans blessure. Ce dispositif est obligatoire si vous vous entraînez seul (méthode HIT ou non).
Bien entendu, les 2 moyens sont cumulables.